Le développement personnel et les exigences de l’intégration professionnelle

Le développement personnel et les exigences de l’intégration professionnelle

S’affirmer au sein d’un groupe ou d’une entreprise, alors que vous vous destinez à occuper une fonction d’encadrement, est fondamental, pourtant cela n’est pas encore enseigné sur les bancs de l’université (quelques écoles supérieures, dans le privé l’assurent) et vous devez généralement faire appel à un intervenant extérieur, moyennant finances, pour vous permettre de bénéficier de son accompagnement en la matière.

Voici, pour ceux que cela intéresse, quelques notions à exploiter pour vous permettre d’assurer votre développement personnel :

Faire le tour du propriétaire

L’expression « estime de soi » a été avec le temps galvaudé et pour la plupart, il signifierait « bien s’aimer » ou « s’aimer bien », or comme le mot « estime » l’indique, estimer quelque chose ou quelqu’un consiste à connaître suffisamment bien l’objet ou la personne pour pouvoir émettre à son sujet un avis autorisé, sa valeur, la dose de confiance que l’on peut lui attribuer, etc., il en est de même pour soi.

Ainsi par exemple, connaître les caractéristiques techniques de sa voiture permet d’identifier ses possibilités et surtout ses limites, autonomie, vitesse maximale, consommation, freinage, etc.

Cette connaissance permettra d’établir une feuille de route adaptée à sa voiture en ayant identifié les risques liés à un itinéraire.

Dans ce cas, nous pouvons affirmer avoir établi une « estimation » juste, des possibilités qui s’offrent à nous et pour peu que nous y soyons fidèles, nous arriverons à bon port en ayant préservé le véhicule et son conducteur.

« S’aimer bien » est donc une résultante et non pas un processus

Développer votre assertivité* (note 1)

 Une des premières démarches consiste à aller puiser dans son expérience personnelle, non professionnelle puisque nous sommes au seuil de notre carrière, les éléments positifs qui nous ont permis de tenir notre cap jusque-là.

Faisons le bilan de nos capacités et procédons à l’estimation de ce que nous sommes.

Se connaître réellement est la première étape à franchir, apprenons à connaître nos limites, cela nous permettra de tenter de les repousser et pour cela, visualiser un ou des évènements liés à un succès que nous avons obtenu dans nos démarches nous permettra de visualiser une réussite.

Analysons les et reconstituons le chemin que nous avons emprunté, nous avons parfaitement le droit d’être fier de nous et surtout n’attendons pas de compliment de quiconque, identifions les moyens employés pour réussir et parmi eux, la bravoure.

Tenons compte de nos échecs, ils doivent être, de même, correctement analysés, nous apprenons plus de nos défaites que de nos victoires, « à force de tomber, l’homme regarde où il met les pieds », si nous ne respectons pas ce passage, il se peut que cela provoque un frein au développement de notre propre affirmation.

N’oublions pas : « la défaite et la victoire ne sont que deux menteurs, ils n’existent que l’espace d’un instant, mais notre façon de les appréhender va influer le cours de notre vie et déterminer la dose de confiance que nous voulons nous accorder »

 La peur, une amie qui nous veut du bien

 La peur, phénomène physiologique, est indispensable à la gestion quotidienne de notre vie et permet à notre corps de réagir face à une situation « dangereuse » en secrétant les hormones nécessaires à l’utilisation de notre masse musculaire, de nos réflexes et au-delà de notre instinct de survie.

Ces secrétions feront augmenter notre rythme cardiaque, notre rythme respiratoire et permettront de résister aux effets de la douleur, par exemple.

C’est un aspect de notre métabolisme que nous avons oublié, nous ne chassons plus pour nous nourrir, nous ne courrons plus pour échapper à un prédateur et nous ne nous battons plus pour défendre un habitat ou un territoire.

Ces fonctions ne sont donc plus indispensables aujourd’hui, pour nous permettre de vivre et pourtant elles sont toujours là et souvent sollicitées, créant chez l’homme moderne que nous sommes des situations de peur sans en connaître la cause, d’angoisse et souvent de stress.

Or, la peur est ce phénomène naturel qui se crée toujours face à un danger ou un risque non identifiés…

Identifions ce risque ou ce danger et cette peur tombera d’elle-même, identifions et analysons les risques liés à une action, cette peur sera proportionnelle à ce risque ou ce danger identifiés.

Se fixer des objectifs ambitieux

 Et avant tout réalisables, donc réalistes, évidemment et là encore, se connaître est incontournable.

 

Ceux qui font du sport ou toute autre activité faisant appel à un dépassement de soi savent de quoi il s’agit :

Faire confiance en son capital acquis, faire le bilan de ses connaissances, de ses capacités et de ses limites.

L’entreprise est avant tout un état d’esprit et un processus qu’il faut respecter, battre le record du monde de vitesse est accessible à tous ceux qui ont une constitution normale, mais combien essaient réellement ?

Et puis qu’est ce qui est plus enrichissant, le but à atteindre ou le chemin qui y conduit ?

Quel est le domaine dans lequel vous voulez évoluer ?

Quels sont les moyens dont vous disposez ?

Quel sont les délais que vous vous fixez pour réussir ?

Quelles sont les étapes que vous devez identifier et respecter ?

Etc., etc.

N’oubliez pas : « ce n’est parce que c’est difficile que nous nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas, que c’est difficile »

Gérer son stress

 Le recul face aux évènements est essentiel. N’accepter pas de traiter un problème avant de vous y être convenablement préparé, c’est aussi vrai pour les conflits, n’alimentez pas vos colères même si vous pensez faire l’objet d’une injustice ou d’une accusation non fondée, n’en faites jamais une affaire personnelle.

Si vous devez entrer dans un processus de gestion du dit conflit, essayez de définir le moment et autant que faire se peut, le lieu de la rencontre.

Souvent le stress est lié à un enjeu et le risque de le perdre, que l’enjeu soit d’ordre personnel ou professionnel, les émotions étant le vecteur de notre cognition. C’est elles qui transcendent la notion apprise et favorisent l’ancrage mémoriel, n’en n’ayez donc pas peur et apprenez à les utiliser, la peur, l’angoisse, la colère sont des émotions communes à tous les êtres humains et ce qui fait la différence entre eux consiste à les identifier, les connaître et les utiliser au bon moment.

Une émotion, fonction vitale de notre mode d’apprentissage et de communication, ne se contrôle pas, tout au plus, elle se gère.

L’occident enseigne depuis Descartes que l’émotion pollue la raison, or en Orient, le processus consiste en l’acceptation et le lâcher prise.

Le stress, sous ces aspects devient positif et représente un moteur à notre évolution.

Cela étant dit, il ne servirait à rien d’afficher une quelconque émotion, en l’occurrence.

Quoiqu’il en soit, il convient de ne pas entrer en phase de négociation ou réaliser un travail nécessitant votre concentration, quand vous êtes en état de stress.

N’oubliez pas : « le coq en colère est plus facile à plumer »

 Communiquez efficacement

 Savez-vous écouter et observer activement ?

Avant de répondre, ai-je bien saisi le sens de la question ou de la proposition qui m’a été produite ?

Quel sont le vocabulaire et le rythme vocal employés par mon interlocuteur ?

Quelle est le mode gestuel employé par celui ou celle qui s’adresse à moi ?

Comment est-il (ou elle) habillé, quelle est la couleur dominante

Ayez à l’esprit ces notions lorsque vous entrez en phase de communication, celle-ci, vous le savez, est verbale et non verbale.

Ne cherchez pas à construire des phrases pour le plaisir de bien parler, le sens réel des mots pourrait vous échapper et il y a fort à parier que votre interlocuteur vous trouverait fort compliqué, au contraire, il vous faut être à l’aise autant dans votre élocution que dans le costume que vous porterez, restez vous-même et tout ira pour le mieux.

La façon dont vous vous exprimez, c’est-à-dire, les arguments choisis, votre présentation, votre posture et votre vocalité permettront à votre interlocuteur, dès les premiers instants, de se faire une opinion de vous qu’il n’abandonnera plus, orientant fondamentalement l’entretien dont vous espérez tant.

N’oubliez pas : « Le luxe est affaire d’argent, l’élégance est affaire d’éducation »

 

*Note 1 : L’assertivité, ou comportement assertif, est un concept de la première moitié du XXe siècle introduit par le psychologue new-yorkais Andrew Salter désignant la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. Il a été développé plus récemment par Joseph Wolpe, psychiatre et professeur de médecine américain, qui le décrivait comme une « expression libre de toutes émotions vis-à-vis d’un tiers, à l’exception de l’anxiété ».

Plusieurs ouvrages de vulgarisation ont été publiés dans la seconde moitié du XXe siècle pour faire la promotion de l’assertivité, en particulier dans le cadre du développement personnel.

 

Jean Escalant

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