Avant la Conscience de Soi, la Connaissance de Soi

Avant la Conscience de Soi, la Connaissance de Soi

conscience

Kant, à travers sa « philosophie critique », place en avant l’idée que toute véritable recherche philosophique consiste à commencer par analyser les fondements, l’étendue légitime et les limites de notre connaissance. (Wikipédia)

En effet la philosophie critique ou criticisme peut être considérée comme un bouleversement non seulement des manières de penser pour ce qui concerne la spéculation, mais aussi en matière de comportements par rapport à la morale et à la politique (au sens grec du terme, autrement dit le comportement de l’individu dans la cité).kant

Les successeurs de Kant lui reprochent d’ailleurs une certaine timidité – pourquoi ne pas se poser la même question à propos de la musique ou de la poésie, de la chimie ou de l’histoire – rapporte l’historien Émile Bréhier.
Il postule que si l’être humain ne peut connaître la réalité des choses en soi (noumènes), il peut connaître la réalité de ce qu’elles sont pour soi et de ce qu’elles représentent pour lui (phénomènes). Toute connaissance serait formée de la combinaison d’observations issues des sens et de catégories de pensée universelles a priori (préexistant à toute expérience) tel que le principe de causalité par exemple. De cette universalité des catégories de pensée découlerait le fondement « certain » des connaissances (des phénomènes) a posteriori.

Il faut remarquer que l’enfant, qui sait déjà parler assez correctement ne commence qu’assez tard (peut-être un an après) à dire Je.enfant1
Avant, il parle de soi à la troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc.) ; et il semble pour lui qu’une lumière vienne de se lever quand il commence à dire Je ; à partir de ce jour, il ne revient jamais à l’autre manière de parler. Auparavant il ne faisait que se sentir ; maintenant il se pense.

E. KANT, Anthropologie du point de vue pragmatique
La paternité donc du traité dialectique quant à la conscience de soi ou auto conscience revient chronologiquement à Hegel, poussant ses investigations et ses éductions plus loin et plus spécifiquement que Kant, il est d’ailleurs considéré comme le père de la philosophie moderne.
Or, indubitablement, un des chemins qui mènent à la conscience de soi est la connaissance de soi.
pascal

Pascal en fait une priorité : « Il faut se connaître soi-même ; quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela sert au moins à régler sa vie : il n’y a rien de plus juste. »

 

 

Marguerite Yourcenar en parle comme d’une expérience essentielle : « Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres. »

 

socrateSocrate : « Connais toi-même et laisse aux dieux le soin de connaître la nature »

Saint Augustin : « nécessité intérieure » ; goût de l’introspection ; curiosité pour le « mystère personnel » : « Au lieu d’aller dehors, rentre en toi-même : c’est au cœur de l’homme qu’habite la vérité. »

spinozaSpinoza : culture du libre-arbitre : « Nous nous croyons libres que parce que nous ignorons les causes qui nous font agir ».

 

pindare

Pindare : « agir en accord avec soi » ; effort de congruence ou de réelle motivation ; renforcement de l’estime de soi
l’individuation ; découverte de sa vocation, son potentiel, son « horizon des possibles » : « Deviens ce que tu es ! ».

montaigne

Montaigne : maîtrise de soi-même ; s’améliorer ; améliorer ses relations : « Le pire état de l’homme, c’est quand il perd la connaissance et gouvernement de soi. »

jungCarl Gustav Jung : des choix pertinents ; maîtriser son destin ; anticiper : « Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin. »

valeryPaul Valéry : le sens de sa vie : « Ce qui est le plus vrai d’un individu et le plus lui-même, c’est son possible que son histoire ne dégage qu’imparfaitement. »  Ou encore « Le hasard, c’est toi-même qui t’arrive à toi-même. »

 

 

etudiantL’étudiant qui se voit remettre un diplôme est convaincu de posséder la connaissance, or c’est uniquement à partir de cet instant que le véritable apprentissage commence, à travers les multiples applications des principes appris, l’observation de leurs effets et la synthèse empirique, c’est l’expérience…

Or, sans expérience et sans observation de ses sensations et acquis personnels, comment prendre conscience de soi ?…

Jean Escalant

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