Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

Ces 10 dernières années, l’intelligence émotionnelle est un sujet repris par toute une faune usant d’une démarche pseudo scientifique et commerciale, de facto.
Le contexte actuel est alimenté par une confrontation de différentes théories, deux principalement, émises par des psychologues et des sociologues (Salovey et Mayer) et dans les années 90 et dont les applications commerciales ont ouvert de nouvelles voies, notamment, le coaching, lui-même basé sur les études en cybernétique et les travaux de Isaac Asimov.
C’est aussi sur cette base que sont apparues des techniques comme la PNL ou l’Analyse Transactionnelle, nous éloignant définitivement de ce qu’est l’intelligence émotionnelle, une relation intime avec son corps et les signaux qu’il produit lorsque nous sommes soumis à des contraintes externes et que nous avons à prendre des décisions parfois immédiates.
Il établit la comparaison entre les mécanismes de l’intelligence humaine et l’artificielle comme si celui-ci était en possession de toutes les informations.

Et cependant, notre système d’apprentissage est basé sur les mécanismes de la cognition :
« La cognition est le terme scientifique qui sert à désigner l’ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissance et mettent en jeu la mémoire, le langage, le raisonnement, l’apprentissage, l’intelligence, la résolution de problème, la prise de décision, la perception ou l’attention. Ces processus cognitifs ont été mis au jour par un petit groupe de psychologues de Harvard dans les années 1955-1960, notamment autour de Jérôme Bruner et de George Miller dans ce qui a été désigné comme la « révolution cognitive ».

Or sans émotion, point de cognition et celle-ci est freinée car sans elle, la transcendance* n’opère pas, voire elle est empêchée par un mécanisme physiologique, le stress.

« Le stress est en   l’ensemble des réponses d’un  organisme  soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement. Ces réponses dépendent toujours de la perception qu’a l’individu des pressions qu’il ressent. Selon la définition médicale, il s’agit d’une séquence complexe d’événements provoquant des réponses physiologiques, psychosomatiques. Par extension tous ces événements sont également qualifiés de stress. Dans le langage courant, on parle de stress positif (eustress en anglais) ou négatif (distress). « Le stress est différent de l’anxiété, celle-ci est une émotion alors que le stress est un mécanisme de réponse pouvant amener différentes émotions, dont l’anxiété. »

Il est admis aujourd’hui par différents chercheurs dans les domaines de la psychologie, de la sociologie et de la cognition, qu’au-delà de l’intelligence analytique à proprement parler, il existe celle qui consiste à comprendre et gérer les émotions, si longtemps combattues et considérées comme étant un handicap pour la première.
Les recherches scientifiques sur l’intelligence émotionnelle, en tant que logiciel  clairement identifié, sont dirigistes et relativement éparses.
Différents modèles, parfois opposés sur le plan théorique, sont en compétition, ce qui pose la question de savoir si l’intelligence émotionnelle représente réellement un concept nouveau, et pas simplement un ensemble de concepts déjà connus sous d’autres appellations.
De plus, une multitude de textes et de publicités à caractère commercial ont encore ajouté à la confusion par leurs affirmations racoleuses, voire fallacieuses.
Pratiquement, comment faire la part des choses en la matière ?
Sur quelles bases se documenter ?

Une seule réponse est de mise à mon sens, faire ses propres recherches, s’éloigner des chemins battus du commerce et de la presse à sensation, mais aussi des théoriciens dont il est fondamental d’en connaître les travaux, certes, sans toutefois s’arrêter là sans une démarche personnelle.
Cependant, nous devons tenir compte que la théorie étant ce qu’elle est, à savoir l’émission d’une hypothèse bâtie sur une déduction purement empirique, elle passerait au mieux pour un postulat, si elle n’était reprise par les médias et les marchands, devenant dogme elle serait enseignée dans les écoles supérieures et autres universités, comme le sont déjà la PNL par exemple.

En fait, nous pouvons décomposer l’intelligence émotionnelle en 3 « secteurs » interconnectés et dont l’interactivité est assurée par les neurotransmetteurs produits indépendamment par chacun des cerveaux et des organes périphériques dont ils assurent la gestion pour maintenir actif et opérationnel notre corps et ses fonctions vitales, indispensables à notre survie.*
Le secteur « Analytique » concerne le cerveau supérieur (qui lui-même est composé de 3 parties)
Le secteur que nous nommerons « Intuitif » concerne le cerveau médian situé dans le cœur
Enfin, le Secteur Émotionnel concernant le système entérique ou digestif
C’est en tout cas la situation actuelle de nos connaissances en la matière…
N’ayant pas le désir de vous faire un exposé de biologie pour lequel je n’ai pas de toute façon, les compétences requises, c’est une volonté de vulgarisation qui est le moteur de cet article, cette mise au point étant effectuée, reprenons le cours de cet exposé…

Nous commencerons si vous le permettez par le cœur, en rappelant ce que disait Blaise Pascal : « Le cœur a ses raisons que la raison ignore », cette affirmation relevant pour beaucoup d’une formidable « intuition » de la part de son auteur.
Concrètement, le cœur contient un système nerveux indépendant et bien développé, avec plus de 40.000 neurones et un réseau complexe et dense de neurotransmetteurs, de protéines et de cellules d’appui.
Grâce à ces circuits extrêmement élaborés, il semblerait que le cœur puisse prendre des décisions et passer à l’action indépendamment du cerveau  et qu’il puisse apprendre, se souvenir et même percevoir.

Il dispose pour cela de 4 types de connexions :
La communication neurologique au moyen de la transmission d’impulsions nerveuses. Le cœur envoie plus d’information au cerveau qu’il n’en reçoit, il est l’unique organe du corps doté de cette propriété, et il peut inhiber ou activer des parties déterminées du cerveau supérieur selon les circonstances.
Cela signifierait-il que le cœur peut influencer notre manière de penser ? Il semble que oui puisqu’il peut influer sur notre perception de la réalité, et de ce fait sur nos réactions.
L’information biochimique au moyen des hormones et des neurotransmetteurs. C’est le cœur qui produit l’hormone ANF (ou FNA chez les anglo-saxons) , celle qui assure l’équilibre général du corps en provoquant la régulation de la pression artérielle : homéostasie. L’un de ses effets est d’inhiber la production de l’hormone du stress, et de produire et de libérer l’ocytocine, connue comme hormone de l’amour.
La communication biophysique au moyen des ondes de pression. Il semble qu’au travers du rythme cardiaque et de ses variations, le cœur envoie des messages au cerveau et au reste du corps.
La communication énergétique : le champ électromagnétique du cœur est le plus puissant de tous les organes du corps, 5.000 fois plus intense que celui du cerveau. Et on a observé qu’il varie en fonction de l’état émotif.
Quand nous avons peur, que nous ressentons une frustration ou du stress, il devient chaotique. Et se remet-il en ordre avec les émotions positives ? Oui. Et nous savons que le champ magnétique du cœur s’étend de deux à quatre mètres autour du corps, c’est-à-dire que tous ceux qui nous entourent reçoivent l’information énergétique contenue dans notre cœur.
À quelles conclusions nous amènent ces découvertes ? Le circuit du cerveau du cœur est le premier à traiter l’information, qui passe ensuite par le cerveau de la tête.
Et donc nous parlons d’«intuition», parce que nous ignorons encore quel est le vocable le mieux adapté à cette situation nouvelle et bouleversante.
Je rajouterai qu’à ce point de nos découvertes, nous risquons d’être dans un futur proche, pour le moins émerveillé par cette formidable machine qui nous transporte dans cette vie…
*Le cœur a un cerveau par Annie Marquier, fondatrice de l’Institut pour le développement de la personne au Québec
*Le terme transcendance (du latin transcendent; de transcendere, franchir, surpasser) indique l’idée de dépassement ou de franchissement. C’est le caractère de ce qui est transcendant, c’est-à-dire qui est au-delà du perceptible et des possibilités de l’intelligible (entendement).


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